Le Pavé dans la mare…

 » Etre Rebelle à Duras, c’est résister aux gourous et aux moutons de Panurge »

Ah oui ?

Ou L’histoire des Côtes de DURAS …. Rebelles d’Aquitaine !!?

1789 : Abolition des privilèges et création des départements en 1790.

1910 : Délimitation de la région Bordeaux devant le Conseil d’état.

1919 : Le sénateur Capus fait voter la première loi sur les Appellations d’origine. Le Bordeaux ne passera pas les limites départementales, décision discutée qui semble confondre administration et économie, le canton de Duras à l’étrange destin reste sur la touche.

1924 : Sans se décourager, sous l’impulsion d’Elie Bireaud, les vignerons créent le Syndicat de défense du canton de Duras.

1937 : Décret reconnaissant l’Appellation d’origine Côtes de Duras, soit parmi les premières appellations de France !

Après la période faste 1945-1950, le malaise revient avec la désaffection du consommateur pour les vins liquoreux mais le Syndicat prend vite le tournant avec l’introduction de nouveaux cépages dont le sauvignon qui s’exprime si bien sur les coteaux duraquois. Puis les plantations en rouge se développent permettant aux pentes argilo-calcaires d’exprimer toute la finesse du terroir.

2000 : 2000 hectares, 250 vignerons dont 80 caves particulières

AUJOURD’HUI 2015 : 1600 hectares, 141 vignerons dont 50 caves particulières.

De moins en moins de forces vives …..La segmentation de l’offre se met en place, une partie des vins est commercialisé en IGP ou vin de France. La part des vins vendus en vrac poursuit sa chute. La dynamique des caves particulières s’essouffle et la cave coopérative capitalise sur sa marque.

La fusion de l’interprofession avec celle de Bergerac est réalisée …..Les vignerons de Duras, « Rebelles d’Aquitaine » sauront-ils préserver leur spécificité, leur identité et leur territoire tout en mutualisant les actions avec les cousins de Bergerac ?

Les stratégies sont de plus en plus individuelles car les conditions sont difficiles et nécessitent un énorme investissement humain ….Qui plus est, se heurtent des conceptions crispées sur le passé et d’autres plus novatrices, plus rebelles qui pourraient pourtant être le reflet d’une Appellation vivante ….Décider, affirmer son ambition tout en respectant les différences, croire dans la force du collectif …serait-ce un exercice que l’on ne sait plus faire ? C’est pourtant bien cela : « Résistez aux gourous et aux moutons de Panurge » …ou être le petit caillou dans la chaussure ! Prenez le temps de lire l’excellent article de Jacques Berthomeau sur LES VINS NUS dont voici un petit extrait :

« En effet, ce qui me semble important c’est de souligner que ces vignerons différents sont, à leur manière, et à leur place, des innovateurs car ils reprennent ou tentent de reprendre en main leur destin en se dégageant de l’emprise des grands systèmes massificateurs verrouillés par les multinationales et la distribution de masse. C’est en cela qu’ils sont pour moi un petit caillou dans la chaussure de ceux qui n’ont de cesse de les exclure du jeu car ils se placent là où ça fait mal : montrer que les vins de masse français sont des vins de masse comme les autres et que les parer des artifices d’un terroir qui ressemble de plus en plus à une fermière sur une boîte de camembert ne trompe plus grand monde dans notre vaste monde mondialisé. »

Mariejo